Vous ne pouvez pas savoir le bien-être que me procure la vision d'un nanar! Le nanar, pour moi, c'est un film indigent où une conjonction de facteurs donne un surprenant résultat : un moyen infaillible de se vider la tête! Voici les conditions :
1/ Une intrigue qui pourrait tenir sur un grain de riz, est un bon préalable à la réalisation d'un nanar!
2/ Un scénario miteux avec des répliques dont la volonté de faire rire ou d'émouvoir sont malheureusement un cuisant échec.
3/ Le choix des comédiens. Soyons réalistes, mal employés, même les plus grands acteurs du monde font des nanars! Et même Kenneth Branagh, Al Pacino, Denzel Washington, ou chez les actrices, Deneuve, Emma Thompson, Jodie Foster, Sigourney Weaver ou Meryl Streep sont passés par là! Eh oui! Alors, devant les tares susnommées du nanar (1 et 2), ils démissionnent un peu... On les comprend!
Bien sûr, il y a aussi les rois du genre! En France, nous avons le sémillant Christophe Lambert qui, il faut en convenir, en a accumulé pas mal. Sinon, le champion toute catégorie, le roi du pétrole en matière de nanars, n'est autre que le très nordique Dolph Lundgren (Rocky III, Musclor, Johnny Mnemonic et tant d'autres chefs-d'oeuvres...)! Avec lui, tout n'est que bonheur et volupté du nanar. A vrai dire, exceptés les acteurs - majoritairement - de téléfilms américains Michael Dudikoff et le "très-mignon-mais-très-mauvais" Casper Van Dien, je ne vois guère qui pourrait lui tenir la dragée haute. Ces deux bonhommes étant déjà de formidables bêtes de concours (mais il faut dire que le téléfilm est propice à la vacuité artistique absolue, surtout américain! Toutefois nos voisins Teutons ont un potentiel, pour ne rien dire de notre production nationale - BIG UP à TF1! - fort gouleyante... MIAM!), ça vous donne une idée du talent du type! Malheureusement, il faudrait une catégorie entière rien que pour le bon Dolph et je ne suis pas sûre qu'il le mérite... C'est déjà bien que je lui fasse honneur en le mentionnant... Et puis quoi encore?
4/ Une réalisation foireuse et une photo pourrie, sont la cerise sur le gâteau du nanar. Et des réalisateurs prestigieux en ont aussi signé, des nanars : Robert Altman, Barry Sonnenfeld ou Tim Burton aussi, ont commis l'irréparable sur un film... Ou deux!
Voyage au pays des merveilles de l'horreur...
Mars 2056
Genre : Nanar spatial/Un homme en colère.
Note : 3 Navets d'or.
Imaginez : nous sommes dans les années 80, un type décide de faire un film de science-fiction, ses acteurs ne sont pas connus (excepté peut-être Shari Belafonte, parce que fille de...), son niveau en tant que réalisateur est médiocre - stricto sensu, heureusement, il ne le sait pas (bah, oui, sinon il n'aurait jamais demandé qu'on lui file de l'argent pour faire un film!), les effets spéciaux ne sont pas à la pointe de la technologie à l'époque (et de toute façon, il n'est pas George Lucas!) et cadeau suprême, le scénario du film se résume à : "On a tué le frère d'un type sur Mars, et le type, il est pas content! Alors, il va sur Mars pour venger son frère, et grâce à l'aide d'une jolie scientifique et d'un petit euh... D'un p'tit, quoi! Le type il va se venger!"...
Dites vous que quelle que soit le film que vous êtes en train de vous faire dans votre tête, il est sûrement mieux que
Mars 2056 (Oui, c'est à ce point!).
Beowulf
Genre : Epopée pseudo-médiévale sur fond de musique techno.
Note : 5 Navets d'or.
Christophe Lambert a fait cinq bons films, deux ou trois films bof et pléthore de navets... Justement, même si ça donne trop l'impression que l'on s'acharne sur lui, parlons de celui-là de nanar! Non, c'est vrai, il l'a cherché, là! Il faut qu'il lise les scénarii qu'on lui envoie, c'est pas possible! Beowulf, homme damné, s'il en est, est le fils du diable et d'une humaine (ouais ben, on a tous nos problèmes, mon gars!) et dans le chaos moyen-âgeux (je dis bien moyen-âgeux et non médiéval) qu'installe le film, il va mettre bon ordre pour l'amour de l'héroïne peu farouche (jouée par Rhona Mitra - c'est moi, ou elle a un nom d'actrice porno? - la bimbo qui devait jouer "Lara croft" bien avant que le rôle n'échoit à Angelina Jolie). Le tout est mâtiné de poudre de perlimpimpin pour rendre (?) l'atmosphère de magie noire et de sorcellerie ambiante. Edifiant!
Encore un exemple du mystère Christophe Lambert. Ce n'est pas tant qu'il est mauvais acteur, il ne l'est pas, mais qu'il a des goûts de chiottes!
Project RPM
Genre : Vroum Vroum Nanar.
Note : 2 Navets d'or.
Que dire de ce film sur des voleurs de voitures, qui font vroum vroum sur les autoroutes de France? Le casting est déjà surprenant : David Arquette (Scream), Famke Janssen (Goldeneye, X-Men 1 et 2) et notre Jean - Luc Bideau national qui leur court après... Tout un poème!
D'Artagnan
Genre : Les 3 Mousquetaires du temple Shaolin ou "Un pour tous, tout pourri!" (citation connue).
Note : 2 Navets d'or.
J'aurai pu mettre ce film dans la rubrique "Le Strange" qui se rapporte à la Deneuvologie, mais il faut bien avouer que c'est déjà tellement un navet, que sa place est bien ici! Bon, d'accord, Deneuve n'avait jamais fait de films de cape et d'épée...Mais là, elle aurait quand même dû s'abstenir. Il y avait pourtant du beau monde au casting : Tim Roth (Reservoir Dogs), Mena Suvari (American Beauty) ou Stephen Rea (The Crying Game) et un What The Fuck : la présence incongrue de Jean-Pierre Castaldi.
La vérité sur Charlie
Genre : Charade insoluble.
Note : 4 Navets d'or.
Il y a une catégorie qui est généralement le top du top du nanar (à quelques exceptions près), c'est le remake! Et celui-ci, n'est vraiment pas piqué des hannetons! Remake du film "Charade" avec Cary Grant et Audrey Hepburn, "la Vérité sur Charlie" est un bijou de mauvais goût filmé. Pourtant c'est Jonathan Demme (le réalisateur du "Silence des Agneaux" et de "Philadelphia") qui est derrière la caméra. En fait, il lui est arrivé la même chose qu'à Sydney Pollack, quand il a fait le remake de "Sabrina" : il s'est fait plaisir en tournant à Paris, le remake d'un grand classique avec tous les moyens (surtout financiers) que les studios pouvaient mettre à sa disposition! Le casting de "la Vérité sur Charlie" est en soi, un début de blague! C'est Mark Wahlberg (mais pourquoi lui?) qui se colle au rôle de Cary Grant! Et en lieu et place d'Audrey Hepburn, nous avons la sémillante... Thandie Newton (Thandie who?... Never mind!)! Seul Tim Robbins (qui a dû profiter de l'opportunité pour passer de bonnes vacances) a un rôle plus approprié, puisqu'il remplace Walter Matthau. Mais face à la piètre adaptation du scénario et aux dialogues, il en fait le minimum, et on le comprend! Le casting français est tout bonnement incroyable, puisqu'on y croise qui Christine Boisson (eh, oui!), et croyez-moi, c'est la plus méritante du film, et Simon Abkarian (eh oui!). La présence fugitive d'Agnès Varda est néanmoins touchante (et troublante! Car Demme, en anglais, se prononce "Démi"...). L'histoire du remake est, grosso modo, la même que "Charade". De menues différences dans les noms, les situations, les sommes et les méchants existent. La musique est effroyablement mauvaise. Un petit clin d'oeil de mauvais goût à la musique originale de Henry Mancini, est même légèrement audible dans une scène (un remix du thème principal de "Charade", façon techno du pauvre!). L'ensemble n'a pas le quart du tiers de la moitié du millième de la puissance et de la classe de l'original. C'est juste risible et mauvais... Et rien que pour ça, il faut le voir... On appréciera "Charade" encore plus qu'avant (si c'est possible!).
Les Hommes
Genre : Marseilleu Connectionneu.
Note : 5 Navets d'or avec le Prix du jury du meilleur navet!
En parlant de nanar, en voilà un beau! Mais tout dans celui-ci est collector. D'abord, le générique : les lettres rouges de toute beauté, qui expriment l'idée de vendetta, chantée, que dis-je, braillée par une nana à la voix de crécelle, sur une musique de Francis Lai typique années 70. Les costumes, eux, sont presque de Donald Cardwell ("Au théâtre ce soir!"). Mais passons au casting : pour l'ensemble, il s'agit pour moi d'illustres inconnus, mais ils sont à fond les mecs! Ils y croient!... Sinon, la star du film, c'est Michel Constantin. Ah, Michel!... La première fois que je l'ai vu, j'étais petite et c'était dans un film qui s'appelle "L'histoire d'un flic" avec Mireille Darc, et qui était déjà tout un programme... Mais je m'égare! Donc, dans "Les Hommes", qui relate les mésaventures de gugusses qui font partie de la mafia marseillaise après-guerre, Michel, c'est un bonhomme... Un vrai! Comme il le dit lui-même, "il n'est pas une gonzesse!" Oh, petit! T'as compris? On lui cause bien! Bon, alors j'avoue que malgré un état d'ébriété très avancé, je n'ai pas pu aller au terme de ce film... C'était trop de bonheur d'un coup, mes canaux lacrymaux n'ont pas résisté... Donc, si vous voulez voir la vision qu'a Daniel Vigne ("Le Retour de Martin Guerre", avec Nathalie Baye et Gégé Depardieu) de la "Veeennndddeeettttaaa!!!", faites-vous plaise, les enfants!